L'ancien hôtel-Dieu Banon
L'ancien hôtel-Dieu Banon

La folle épopée des années 70 / 80

L'histoire commence en mai 74. Eric Silvestre rentre d'Afrique avec la ferme intention d'acheter une maison en Provence et de monter une menuiserie. Il arrive quasiment par hasard dans le mariage de Gilles et Sergine Scalabre qui ont dans l'idée de quitter Paris et de migrer vers le Sud. Il n'en fallait pas plus pour que les choses se passent comme prévu et les voilà partis vers le Sud pour acheter une maison et monter une menuiserie. Ils s'installèrent d'abord à Vienne, le temps de démarrer la menuiserie et de chercher la bonne maison, ce qui finit par arriver, grâce à un tuyau reçu de Claire Forestier, qui était installée à Banon depuis quelques années.

Ils s'installèrent dans les murs de l'hôtel-Dieu de Banon le week-end du 14 juillet 1975, avec Grégoire, le fils de Gilles et Sergine, né à Vienne 10 mois plus tôt. Les gendarmes de Banon attendaient d'éventuels nouveaux squatters, après avoir échoué dans leur grosse opération d'interception des précédents. Manque de pot, les nouveaux venus étaient en possession d'un compromis de vente !

L'achat de l'hôtel-Dieu en 1975

Il s'agissait de deux corps de bâtiment de quatre niveaux chacun, avec une quarantaine de pièces et
un petit jardin de curé entre les deux maisons. Splendide, certes, mais une histoire de fous au vu des moyens dont dfisposaient les trois protagonistes. Il fallait une fortuner pour restaurer tout cela. La toiture de l'hôtel-Dieu était en place mais à refaire, percée en de nombreux endroits, la faîtière cassée,
soutenue par un poteau, certaines dalles étaient également cassées, ou fragilisées, les sanitaires craignaient, les fenêtres étaient cassées, les meubles annoncés par la propriétaire avaient été volés, ou déposés chez les curés qui ne nous les ont jamais rendus.

Dans le jardin, la véranda construite entre les deux maisons était en partie écroulée, côté Sud, et surtout, côté Nord, masquait la porte d'entrée, dont le cadre en pierre du 16ième siècle avait été taillé lors de la construction de la véranda, et aussi une des fenêtres de la chambre du dessus.

Dans la maison de gauche, la situation était beaucoup plus grave : toiture en partie démolie, de même que les dalles en dessous, ruinées par la pluie, façade Nord et apendice partiellement écroulées, petit escalier central mignon mais qui n'entrait pas dans les plans de partage de la maison, ....

Les premiers travaux pendant l'été 75

Le toit de l'hôtel-Dieu démonté

Les nouveaux propriétaires se lancèrent donc dans cette entreprise totalement surréaliste de restauration des bâtiments avec des moyen,s plus que limités, mais sans douter de leurs capacités à réaliser les travaux nécessaires, et certains de pouvoir vivre rapidement dans la maison. Il fallait refaire le toit de l'hôtel-Dieu, qui était en place mais fatigué, vitrer les fenêtres, aménager une salle de douche, deux chambres, la cuisine, mettre le chauffage dans la partie habitée. Avec les précieux renforts de main d'oeuvre fournis par des parents et amis, la première tranche de travaux fut exécutée en deux ou trois mois, juste à temps pour permettre aux propriétaires de passer l'hiver au chaud. Enfin, plus ou moins.

L'atelier du grand jeu

Dans le même temps, Gilles et Eric installaient leur menuiserie, dans la salle qui avait été, au 17ième siècle, un hôpital. Et le baptisaient d'un nom qui n'était pas sans rappeler les phrères simplistes du Grand Jeu, René Daumal, ses potes, que Michel Lancelot qui, dans son livre "Le jeune lion dort avec ses dents", leur avait fait découvrir : l'atelier du grand jeu.

L'idée des jouets en bois était née à Folainville, lors du mariage et du démarrage du projet, et les premiers jouets avaient été fabriqués dans l'atelier de Vienne, notamment le camion et la Bugati. En même temps que les travaux d'aménagement d'intérieur. Les premiers jouets toujours en bois mais cette fois à connotation éducative, nés d'une collaboration riche et fructueuse avec le docteur Janine Lévy, sortirent rapidement de l'atelier, dont une gamme de chariots de marche pour les tout-petits, poussettes, baladeur, et autres maisonnettes. Les jouets étaient finis et vendus sur les marchés ou dans les foires, notamment celle de Grenoble, Alpexpo. Grosse ambiance dans l'atelier où la température avoisinnait parfois les 10 degrés ! Il y avait certes un poêle à sciures mais digne des époques qui suivirent la dernière guerre, et qui, de fait, sautait parfois à la tête de ses maîtres !  Le sens de l'histoire nous fut précisé lors du passage de Jean Moisan, un ancien militant du PSU du début recon,verti dans l'apiculture, qui était venu confectionner des ruches dans l'atelier. Il nous expliqua clairement que notre travail, de toute évidence, et conformément à la règle, nous permettrait de bouffer, tout juste, mais que pour gagner des sous, il faudrait faire travailler des ouvriers ou vendre des idées, donc créer des modèles et trouver des marchés. Ce qui fut fait, d'une certaine manière, quand une partie des jouets était préfabriquée sur place puis vendue à des CAT (Centres d'aide par le travail) où de jeunes handicapés les montaient.

Histoire de mettre un peu d'huile dans les rouages des machines, Eric, fraîchement marrié, partit un an en Mauritanie en février 77. Gilles ajouta alors la production de métiers à tisser et transféra l'atelier au Redortier, dans l'ancienne école du village fantôme, façon Jules Ferry, toujours debout parce que plus jeune que les maisons alentour, de facture moins aidée et plus fragiles qui sont parties en ruines. La France Electricité du moment étant déjà trop chère, il a fallu recourir à un groupe électrogène de marine, acheté à Toulon, et capable de délivrer 10KvA avec un réservoir de tondeuse à gazon. La suite, c'est déjà le début de la mondialisation.... des jouets en bois venus des pays de l'est à des prix improbables.... Exit l'Atelier du Grand Jeu ! Et pourtant, cette ancienne école du Redortiers a vécu d'illuminés moments qu'il sera toujours temps de raconter... Mais il faut savoir que 35 ans après, certains jouets sont encore en activité, dans les mains d'une deuxième génération d'enfants !

Et puis l'ancien hôtel-Dieu a changé de cap avec, au programme des quinze années suivantes, les stages, les spectacles in et hors les murs, les Fêtes du vieux villages, le photojournalisme. 

Tout cela est raconté dans le chapitre suivant, intitulé "Les stages", pimenté par quelques anecdotes croustillantes racontées dans un sous chapitre intitulé "Souvenirs souvenirs"

Comment nous joindre

Ancien Hôtel-Dieu

Rue de l'ancien hôtel-Dieu

04150 Banon

Eric Silvestre 04 92 73 22 83 / 06 14 49 68 97 ericsilvestre@yahoo.fr,

Dominique Gros 04 92 73 27 66 /06 08 96 37 17 dg.banon@wanadoo.fr

Sylvie Blum blum.sylvie@gmail.com

Caroline Arrighi de Casanova caroline.arrighi@wanadoo.fr

Actualités

René s'est envolé

L'histoire de l'ancien hôtel-Dieu c'est en partie celle des stages et des fêtes que nous y avons organisés, en même temps que l'histoire d'une bande d'amis venus d'horizons divers, qui ont donné vie à ce petit village de Haute Provence René Esmieu était l'un de nous, ami, engagé dans la gestion muicipale, et complice de toutes les fêtes, jusqu'à cette dernière soirée tripot, en octobre. Etrange photo, dans laquelle René semble déjà ailleurs ! 

Tu restes avec nous, René, tu fais partie de notre histoire. 

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